Le ukulélé
Découvrir le ukulélé, ses origines, ses différentes tailles et les premières notions utiles pour apprendre à en jouer.
Le ukulélé, bien plus qu’une petite guitare
Le ukulélé est souvent associé à Hawaï, aux chansons légères et à une ambiance de vacances. Cette image lui va plutôt bien, mais elle peut aussi donner l’impression d’un instrument un peu limité, destiné uniquement à accompagner quelques refrains. En réalité, le ukulélé possède une histoire riche, plusieurs formats et des possibilités musicales beaucoup plus larges qu’on ne le pense.
Son format a beaucoup compté dans son succès. Le ukulélé se garde facilement à portée de main, s’emporte sans difficulté et ne demande aucune installation particulière. Après avoir appris quelques positions, on peut déjà accompagner une chanson. Cette première approche est assez rapide, mais jouer avec un rythme régulier, enchaîner les accords proprement et obtenir un son équilibré demande ensuite un véritable travail.
Comment est fait un ukulélé ?
Au premier regard, le ukulélé ressemble à une petite guitare. On retrouve une caisse creuse, un manche partagé par des frettes, un chevalet et des mécaniques. Il ne possède cependant que quatre cordes dans sa forme la plus courante, et ses proportions ne sont pas celles d’une guitare simplement réduite.
La petite taille de la caisse explique en partie sa sonorité. Les graves sont peu présents et le son reste clair, léger, avec une attaque assez franche. C’est ce timbre particulier, autant que son apparence, qui permet de le reconnaître dès les premières notes.
Les cordes des modèles acoustiques sont le plus souvent en nylon ou dans une matière synthétique comparable. Elles tirent moins sous les doigts que les cordes métalliques d’une guitare folk. Les débuts sont donc généralement assez confortables, même s’il faut toujours un peu de temps pour placer les doigts sans étouffer les notes.
Comment le ukulélé est-il né ?
Le ukulélé apparaît à Hawaï dans les dernières décennies du XIXème siècle. Des travailleurs venus du Portugal, en particulier de l’île de Madère, ont alors apporté avec eux de petits instruments à cordes tels que la braguinha et le machete. Les Hawaïens découvrent ces instruments, puis commencent très vite à les adopter.
Des artisans portugais établis à Honolulu en fabriquent sur place, tandis que les musiciens hawaïens les adaptent à leur goût et à leur manière de jouer. C’est ainsi que le ukulélé acquiert peu à peu sa forme et surtout son identité propre. Il accompagne bientôt les chants et les danses de l’archipel. Le roi Kalākaua, qui soutenait activement la culture hawaïenne, apprécie lui aussi l’instrument et contribue à le faire connaître à la cour.
L’origine de son nom reste discutée. La traduction « puce qui saute » est la plus souvent citée : elle ferait référence aux doigts du musicien qui se déplacent rapidement sur le manche. D’autres explications ont néanmoins été proposées.
Au début du XXème siècle, le ukulélé séduit le public américain, puis se diffuse dans d’autres pays. Sa popularité varie ensuite selon les époques, sans jamais disparaître complètement. Beaucoup de personnes l’ont redécouvert à la fin du siècle grâce à Israel Kamakawiwoʻole et à sa version de Somewhere Over the Rainbow, devenue indissociable du son de l’instrument.
Quatre cordes et un accordage particulier
Les ukulélés soprano, concert et ténor sont le plus souvent accordés Sol - Do - Mi - La (soit G - C - E - A dans la notation anglo-saxonne des notes de musique). Cet accordage est aujourd’hui le plus répandu.
La disposition des quatre notes peut surprendre. La première corde, celle de sol, est généralement accordée plus haut que la corde de do placée juste après. Les cordes ne se suivent donc pas simplement de la plus grave à la plus aiguë. On parle dans ce cas d’un accordage réentrant, qui participe beaucoup à la sonorité caractéristique du ukulélé.
Certains joueurs, notamment sur un modèle ténor, préfèrent remplacer ce sol aigu par un sol grave. Cet accordage, souvent appelé low G, élargit un peu le registre de l’instrument et facilite certains passages mélodiques. Le résultat est plus profond, tout en restant immédiatement identifiable.
Le ukulélé baryton utilise généralement un autre accordage : Ré - Sol - Si - Mi. Il correspond aux quatre cordes les plus aiguës de la guitare. Le baryton possède donc un son plus grave et des positions d’accords différentes de celles utilisées sur les modèles soprano, concert et ténor.
Soprano, concert, ténor ou baryton ?
Le ukulélé existe en plusieurs tailles. Elles ne correspondent pas à des niveaux différents : un débutant peut aussi bien commencer sur un soprano que sur un concert ou un ténor. Le choix dépend surtout du confort recherché et du son que l’on aime.
- Le soprano est le plus petit et le plus traditionnel. Son manche est court, ses frettes sont assez rapprochées et son timbre est très clair. C’est le format que l’on imagine le plus souvent lorsqu’on parle de ukulélé.
- Le concert est un peu plus grand. Il laisse davantage de place aux doigts et produit généralement un son légèrement plus ample. Pour un adulte qui débute, il représente souvent un choix confortable sans s’éloigner de la sonorité habituelle du ukulélé.
- Le ténor possède un manche plus long et une caisse plus généreuse. Il est apprécié par les musiciens qui jouent beaucoup en arpèges ou qui souhaitent développer des arrangements en solo. Il convient aussi aux grandes mains.
- Le baryton offre un son plus profond et plus proche de la guitare. Son accordage différent le rend moins représentatif du ukulélé traditionnel, mais il possède une couleur très intéressante.
On trouve encore d’autres variantes : ukulélés basses, instruments à six ou huit cordes, modèles électro-acoustiques ou entièrement électriques. Ils sont plutôt destinés à des besoins particuliers qu’à une première découverte.
Comment joue-t-on du ukulélé ?
La manière la plus simple de commencer consiste à accompagner une chanson avec des accords. La main gauche appuie sur les cordes pour former les positions, tandis que la main droite les balaie. Ce mouvement d’accompagnement, souvent appelé strumming, donne le rythme du morceau.
Au départ, la difficulté vient moins des accords eux-mêmes que de leur enchaînement. Il faut passer d’une position à l’autre sans s’arrêter et sans perdre la pulsation. Un accord très simple, joué au bon moment, sonnera toujours mieux qu’un accord compliqué placé trop tard.
Le ukulélé peut aussi être joué en arpèges. Les cordes sont alors pincées séparément, avec le pouce et les doigts. Le résultat est plus doux et permet de faire ressortir certaines notes. Avec un peu d’expérience, il devient possible de mêler la mélodie et l’accompagnement sur un seul instrument.
Les musiciens plus avancés utilisent également des accords enrichis, des effets percussifs, des glissés ou des techniques empruntées à la guitare. Le ukulélé peut donc rester un instrument d’accompagnement très simple ou devenir un véritable instrument soliste.
Le ukulélé dans les différents styles de musique
Sa place naturelle reste la musique hawaïenne, où il accompagne le chant et la danse. Mais il s’est depuis longtemps installé dans d’autres univers : chanson, folk, pop, jazz, musiques traditionnelles et répertoire pour enfants.
Son timbre léger fonctionne particulièrement bien avec la voix. Il laisse beaucoup de place au chant et donne rapidement une couleur intime à un arrangement. Dans un groupe, il peut aussi apporter une texture différente de celle de la guitare.
Certains artistes ont montré qu’il pouvait aller beaucoup plus loin. Jake Shimabukuro, par exemple, a développé un jeu virtuose mêlant mélodie, accords et effets rythmiques. Son travail a largement contribué à changer l’image du ukulélé auprès du grand public.
Le ukulélé est-il facile à apprendre ?
Il fait partie des instruments les plus accessibles pour commencer la musique. Les premiers accords demandent peu de doigts, le manche est court et les cordes sont relativement souples. En quelques séances, il est souvent possible d’accompagner une chanson simple.
Cette facilité de départ est très motivante, mais elle a parfois un revers : on peut prendre de mauvaises habitudes sans s’en rendre compte. Une main crispée, un rythme irrégulier ou des doigts mal placés finissent vite par limiter les progrès.
Pour bien avancer, il vaut mieux jouer lentement, écouter chaque accord et travailler les changements de position séparément. Quelques minutes régulières sont plus efficaces qu’une longue séance de temps en temps. Le rythme mérite une attention particulière, car c’est lui qui donne vie à l’accompagnement.
Un professeur peut corriger rapidement la posture et les gestes. Il est néanmoins tout à fait possible de débuter seul avec une méthode claire, à condition de rester attentif à la qualité du son et de ne pas chercher à aller trop vite.
Comment choisir son premier ukulélé ?
Les modèles les moins chers peuvent sembler tentants, mais certains tiennent mal l’accord ou manquent de justesse. Un instrument qui se désaccorde sans arrêt est décourageant, surtout lorsqu’on débute et qu’on ne sait pas encore si le problème vient de soi ou de l’instrument.
Pour un premier achat, le soprano et le concert sont les choix les plus courants. Le soprano est très compact et possède le son traditionnel du ukulélé. Le concert offre un peu plus de place sur le manche et convient souvent mieux à un adulte.
Il est important de vérifier que les mécaniques tournent correctement, que les cordes ne sont pas trop hautes au-dessus du manche et que les notes restent justes lorsqu’on joue dans les cases aiguës. Un magasin spécialisé permet d’essayer plusieurs instruments et de comparer les sensations.
Une housse et un accordeur à pince suffisent pour commencer. Une sangle peut être utile si l’instrument glisse ou si l’on joue debout, mais elle n’est pas indispensable.
Faut-il connaître le solfège ?
Il n’est pas nécessaire de savoir lire une partition avant de prendre un ukulélé. Les grilles d’accords et les tablatures permettent de jouer rapidement des chansons. C’est d’ailleurs souvent par ce chemin que les débutants découvrent l’instrument.
Le solfège et la théorie musicale deviennent utiles dès que l’on souhaite mieux comprendre ce que l’on joue. Savoir comment sont construits les accords, reconnaître une tonalité ou comprendre une mesure aide à mémoriser les morceaux et à les transposer.
Il n’est donc pas nécessaire d’opposer la pratique et la théorie. On peut très bien commencer par quelques chansons, puis apprendre progressivement les notions musicales qui permettent d’aller plus loin.
Un instrument simple à découvrir, mais pas simpliste
Le ukulélé doit une grande partie de son succès à son côté immédiat et convivial. Il se transporte facilement, accompagne bien la voix et permet de jouer rapidement avec d’autres musiciens.
Il ne faut pourtant pas le réduire à un instrument pour débutants. Entre les différents accordages, les techniques d’arpèges, le jeu mélodique et les arrangements en solo, il offre de nombreuses possibilités. Sa petite taille cache finalement un instrument complet, capable d’accompagner aussi bien les premiers accords d’un élève que le travail d’un musicien confirmé.
Le ukulélé trouve donc naturellement sa place parmi les instruments de musique que l’on peut choisir pour commencer, reprendre ou simplement pratiquer la musique avec plaisir.
Questions fréquentes sur le ukulélé
Qu’est-ce qu’un ukulélé ?
Le ukulélé est un petit instrument à quatre cordes pincées, originaire d’Hawaï. Il se distingue par sa sonorité claire et légère et peut être utilisé aussi bien pour accompagner une chanson que pour jouer des mélodies.
Quelle est la différence entre un ukulélé et une guitare ?
Le ukulélé possède généralement quatre cordes, contre six pour la guitare, et utilise un accordage différent. Sa caisse plus petite produit également un son plus clair et moins grave que celui d’une guitare.
Comment accorde-t-on un ukulélé ?
Les ukulélés soprano, concert et ténor sont le plus souvent accordés sol, do, mi, la. La corde de sol est généralement accordée dans l’aigu, ce qui donne à l’instrument sa sonorité caractéristique.
Quel ukulélé choisir pour débuter ?
Le soprano et le concert sont les formats les plus courants pour commencer. Le soprano est plus petit et possède un son traditionnel, tandis que le concert offre davantage d’espace entre les frettes et convient souvent mieux aux adultes.
Le ukulélé est-il facile à apprendre ?
Le ukulélé est assez accessible pour un débutant, car quelques accords simples permettent rapidement d’accompagner une chanson. Progresser demande néanmoins de travailler les changements d’accords, le rythme et la précision du jeu.
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