Les tons et demi-tons - Les intervalles en musique
Comprendre les tons, demi-tons et intervalles musicaux : nom, composition, renversement, redoublement, qualification et consonance.
Les tons, demi-tons et intervalles sont des notions essentielles en musique
En solfège, l’intervalle représente la distance entre deux notes. Cette distance se mesure en ton ou en demi-ton et permet de comprendre la construction des mélodies, des gammes, ainsi que la formation des accords et des enchaînements d’accords.
Dans ce cours, nous allons étudier les différents types d’intervalles, leur composition et leur qualification, mais aussi leur renversement, leur consonance et leur redoublement. À l’aide d’un tableau de synthèse, ces notions seront ensuite appliquées à la formation des accords parfaits majeurs et des gammes majeures.
Les explications suivent une progression logique, étape par étape, afin de construire des bases solides. Elles sont également accompagnées de vidéos publiées sur la chaîne YouTube pour apprendre le solfège, qui complètent et illustrent les différentes notions abordées.
Le ton et demi-ton
Le ton et le demi-ton sont les unités de mesure utilisées pour définir les intervalles en musique.
Les noms des intervalles simples
Les intervalles simples, c'est-à-dire inférieurs à l'octave, possèdent des noms précis à connaître.
La composition des intervalles
La composition d’un intervalle se mesure en tons et demi-tons. Voici comment mesurer chaque intervalle en Do majeur.
La qualification des intervalles
Après les noms et la composition, voyons comment qualifier les intervalles : majeur, mineur, juste, augmenté ou diminué.
Le renversement des intervalles
Un intervalle peut être renversé. Voyons comment identifier son nom et sa qualification après renversement.
La consonance des intervalles
Cette partie présente la consonance et la dissonance des intervalles selon leur perception à l’écoute.
Le redoublement des intervalles
Un intervalle redoublé est un intervalle supérieur à l’octave. Voici comment en reconnaître le nom et la qualification.
Tableau des intervalles simples
Ce tableau présente les intervalles simples et la distance entre deux notes pour chaque tonique.
Tableau des intervalles et renversements
Ce tableau présente les intervalles simples et leurs renversements pour les différentes notes de départ possibles.
Identifier les intervalles entre deux notes
Outil interactif pour reconnaître les intervalles musicaux entre deux notes, avec affichage en tons, demi-tons et renversements sur un clavier.
Les tons et demi-tons
Il est impossible de parler des intervalles en musique sans aborder d’abord la notion de ton et de demi-ton. Ces unités de mesure sont fondamentales en musique, aussi bien pour comprendre les intervalles que pour étudier les gammes et les accords.
On mesure la distance entre deux notes de musique conjointes avec une unité de mesure : le ton ou le demi-ton.
- La plus petite distance entre deux notes conjointes est d’un demi-ton.
- La plus grande distance entre deux notes conjointes est d’un ton.
Sur un clavier de piano, il y a toujours un ton entre deux touches blanches, sauf entre Mi et Fa, ainsi qu’entre Si et Do, où l’on trouve seulement un demi-ton. Cette particularité est essentielle pour comprendre la construction des gammes et des intervalles.

Si l’on exclut les intervalles Mi - Fa et Si - Do, il existe une touche noire entre deux touches blanches. Il y a alors un demi-ton entre la touche blanche et la touche noire qui la suit.

Demi-ton diatonique et demi-ton chromatique
- Un demi-ton diatonique est un demi-ton entre deux notes de noms différents, comme entre Sol# et La ou entre Mi et Fa.
- Un demi-ton chromatique est un demi-ton entre deux notes de même nom mais de hauteur différente, comme entre Sol et Sol# ou entre La bémol et La bécarre.
Les intervalles en musique
Qu’est-ce qu’un intervalle en musique ?
Un intervalle correspond simplement à la distance entre deux notes.
Intervalles mélodiques ou harmoniques
Lorsque deux notes sont jouées successivement, comme dans une mélodie, on parle d’un intervalle mélodique. En revanche, lorsque deux notes sont jouées simultanément, il s’agit d’un intervalle harmonique, ce qui permet notamment de comprendre la notion de consonance et de dissonance.
Un intervalle harmonique correspond à la relation entre deux notes entendues en même temps. Il représente l’aspect vertical de la musique, c’est-à-dire la manière dont les hauteurs sont superposées pour former l’harmonie.
Un intervalle mélodique correspond à la distance entre deux notes jouées successivement. Il représente l’aspect horizontal de la musique, puisqu’il décrit la progression des hauteurs dans le temps.
C’est le principe même de la construction d’une mélodie.
Intervalles ascendants ou descendants
Lorsque la deuxième note d’un intervalle mélodique est plus aiguë que la première, on parle d’intervalle ascendant. À l’inverse, si la deuxième note est plus grave, l’intervalle est descendant.
Un intervalle ascendant correspond à une élévation de la hauteur entre deux notes successives.
Un intervalle descendant correspond à une diminution de la hauteur entre deux notes successives.
Intervalles chromatiques ou diatoniques
Un intervalle chromatique est un intervalle entre deux notes de même nom dont l’une est altérée, comme par exemple entre Do et Do#. Il correspond à une distance d’un demi-ton.
Un intervalle diatonique est un intervalle entre deux notes de noms différents, comme par exemple dans une gamme majeure ou une gamme mineure.
En résumé, un intervalle entre deux notes de même nom est chromatique, tandis qu’un intervalle entre deux notes de noms différents est diatonique.
Les noms des différents intervalles en musique (exemple avec la gamme de Do majeur)
Comprendre les noms des intervalles est la première étape dans l’apprentissage de cette notion essentielle en solfège. Nous étudierons ici uniquement les intervalles simples, c’est-à-dire de la seconde à l’octave, en nous appuyant sur la gamme de Do majeur.
Nommer un intervalle
Pour nommer un intervalle, on peut s’appuyer sur les degrés de la gamme de Do majeur, composée de sept notes : Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La et Si. Chacune de ces notes correspond à un degré numéroté de I à VII en chiffres romains.
Au-delà de leur numéro, certains degrés portent un nom particulier. Le degré I est appelé la tonique. Il représente le centre tonal et donne son nom à la tonalité. Par exemple, si la tonique est Do, la tonalité peut être Do majeur ou Do mineur.
Dans cet exemple basé sur la gamme de Do majeur, le nom de chaque intervalle est déterminé par le nombre de degrés qui sépare la tonique des autres notes de la gamme. Cette méthode permet d’identifier facilement les intervalles simples avant d’en étudier la composition en tons et demi-tons.
- L’intervalle entre les degrés I et II est une seconde
- L’intervalle entre les degrés I et III est une tierce
- L’intervalle entre les degrés I et IV est une quarte
- L’intervalle entre les degrés I et V est une quinte
- L’intervalle entre les degrés I et VI est une sixte
- L’intervalle entre les degrés I et VII est une septième
- La répétition du degré I à l’octave correspond à une octave
Voici une image extraite de la vidéo indiquant les noms des intervalles entre les degrés dans la gamme de Do majeur, d’abord dans le mouvement ascendant. Cette observation sera utile pour comprendre ensuite la composition des intervalles.

Voici ensuite les noms des intervalles entre degrés dans le mouvement descendant.

L’observation des mouvements ascendant et descendant montre qu’il existe par exemple un intervalle de seconde entre Do et Ré, mais aussi entre Do et Si. Ces deux intervalles portent le même nom, mais leur composition est différente, ce qui expliquera ensuite leur qualification.
La composition des intervalles
Dans le chapitre précédent, nous avons étudié les noms des intervalles simples, c’est-à-dire de la seconde à l’octave, en nous appuyant sur la gamme de Do majeur et ses degrés. Nous allons maintenant étudier leur composition, c’est-à-dire le nombre de tons et de demi-tons qui séparent les deux notes.
Pour cela, reprenons la gamme de Do majeur dans le mouvement ascendant des notes.
- Pour l’intervalle de seconde : les notes Do et Ré sont espacées d’un ton
- Pour l’intervalle de tierce : les notes Do et Mi sont espacées de deux tons
- Pour l’intervalle de quarte : les notes Do et Fa sont espacées de deux tons et demi
- Pour l’intervalle de quinte : les notes Do et Sol sont espacées de trois tons et demi
- Pour l’intervalle de sixte : les notes Do et La sont espacées de quatre tons et demi
- Pour l’intervalle de septième : les notes Do et Si sont espacées de cinq tons et demi
- Enfin, l’octave, c’est-à-dire l’intervalle entre Do et Do, correspond à six tons
Observons maintenant ces mêmes intervalles dans le mouvement descendant des notes.
- Pour l’intervalle de seconde : les notes Do et Si sont espacées d’un demi-ton
- Pour l’intervalle de tierce : les notes Do et La sont espacées d’un ton et demi
- Pour l’intervalle de quarte : les notes Do et Sol sont espacées de deux tons et demi
- Pour l’intervalle de quinte : les notes Do et Fa sont espacées de trois tons et demi
- Pour l’intervalle de sixte : les notes Do et Mi sont espacées de quatre tons
- Pour l’intervalle de septième : les notes Do et Ré sont espacées de cinq tons
- Enfin, l’octave, c’est-à-dire l’intervalle entre Do et Do, correspond toujours à six tons
On peut rassembler toutes ces informations dans ce tableau récapitulatif.

On constate alors que les intervalles de seconde, tierce, sixte et septième peuvent avoir des compositions différentes. Par exemple, l’intervalle de seconde peut être composé d’un ton ou d’un demi-ton.
En revanche, les intervalles de quarte, de quinte et d’octave conservent toujours la même composition. Par exemple, la quarte correspond toujours à deux tons et demi, que ce soit dans le mouvement ascendant ou descendant.
Cette différence de composition explique pourquoi certains intervalles peuvent ensuite être qualifiés de majeurs ou mineurs, tandis que d’autres sont dits justes. Nous pouvons maintenant aborder la qualification des intervalles.
La qualification des intervalles
Chaque intervalle musical possède un qualificatif qui précise sa nature. En reprenant le tableau précédent, on constate que les intervalles de quarte, de quinte et d’octave conservent la même composition dans la gamme de Do majeur. Ce sont donc des intervalles justes.
En revanche, pour la seconde, la tierce, la sixte et la septième, on observe une différence d’un demi-ton entre leurs deux formes possibles. L’intervalle le plus grand est dit majeur, le plus petit mineur. Par exemple, l’intervalle entre Do et Ré est une seconde majeure, tandis que l’intervalle entre Do et Si correspond à une seconde mineure.
Pour résumer, les intervalles pouvant être majeurs ou mineurs sont la seconde, la tierce, la sixte et la septième. Les intervalles justes sont la quarte, la quinte et l’octave.
Les intervalles avec des notes altérées
On peut modifier la hauteur d’une note en l’augmentant ou en la diminuant d’un demi-ton grâce aux altérations. Ces modifications permettent d’obtenir des intervalles augmentés ou diminués.
- Sur un intervalle majeur, si on abaisse la note la plus aiguë d’un demi-ton, on obtient un intervalle mineur.
- Sur un intervalle mineur, si on augmente la note la plus aiguë d’un demi-ton, on obtient un intervalle majeur.
- Si on augmente la note la plus aiguë d’un demi-ton dans un intervalle majeur ou juste, l’intervalle devient augmenté.
- Si on abaisse la note la plus aiguë d’un demi-ton dans un intervalle mineur ou juste, l’intervalle devient diminué.
Le renversement des intervalles
Renverser un intervalle, c’est transposer la note la plus basse à l’octave supérieure ou la note la plus aiguë à l’octave inférieure. Il existe donc deux façons de renverser un intervalle. Voici quelques exemples :

Tous les intervalles renversés ne conservent pas le même nom que l’intervalle d’origine.
- L’intervalle de seconde devient un intervalle de septième
- L’intervalle de tierce devient un intervalle de sixte
- L’intervalle de quarte devient un intervalle de quinte
- L’intervalle de quinte devient un intervalle de quarte
- L’intervalle de sixte devient un intervalle de tierce
- L’intervalle de septième devient un intervalle de seconde

Comment connaître rapidement et sans erreur le nom de l’intervalle renversé ?

Pour retrouver rapidement le nom de l’intervalle renversé, on peut utiliser une méthode simple qui consiste à attribuer un chiffre à chaque intervalle : 2 pour la seconde, 3 pour la tierce, 4 pour la quarte, etc.
Au-dessous de chaque intervalle, on indique le chiffre correspondant à son renversement. Si l’on additionne les deux chiffres, on obtient toujours 9. Pour connaître le nom de l’intervalle renversé, il suffit donc de faire 9 - le chiffre de l’intervalle de départ.
Par exemple, si vous avez un intervalle de tierce, représenté par le chiffre 3, on fait 9 - 3 = 6. Le renversement de la tierce est donc une sixte.
Comment connaître la qualification de l’intervalle renversé ?
- Quand l’intervalle est juste, l’intervalle renversé est juste
- Quand l’intervalle est majeur, l’intervalle renversé est mineur
- Quand l’intervalle est mineur, l’intervalle renversé est majeur
- Quand l’intervalle est augmenté, l’intervalle renversé est diminué
- Quand l’intervalle est diminué, l’intervalle renversé est augmenté
Le renversement est une notion essentielle pour reconnaître rapidement les intervalles et mieux comprendre leur fonctionnement. Les tableaux et l’outil ci-dessous permettent maintenant de revoir l’ensemble de ces notions de façon synthétique et interactive.
Tableau récapitulatif des intervalles simples
Vous retrouverez un tableau plus complet encore dans les téléchargements de documents.
Altérations : b = bémol, bb = double bémol, # = dièse, x = double dièse.
Intervalles : b2 = seconde mineure, 2 = seconde majeure, b3 = tierce mineure, 3 = tierce majeure, 4 = quarte juste, #4 = quarte augmentée, b5 = quinte diminuée, 5 = quinte juste, #5 = quinte augmentée, b6 = sixte mineure, 6 = sixte majeure, dim7 = septième diminuée, 7 = septième mineure, M7 = septième majeure.
Comment utiliser ce tableau ?
Repérez d’abord la note de départ dans la première colonne, puis lisez horizontalement jusqu’à l’intervalle voulu. Sur ordinateur, vous pouvez cliquer sur un en-tête de colonne comme b3, 5 ou M7 pour surligner toute la colonne et afficher automatiquement le renversement correspondant.
Sur mobile, le même principe fonctionne en touchant directement le code de l’intervalle dans les cartes.
Tableau des intervalles et de leurs renversements
Comment utiliser ce tableau ?
La colonne de gauche présente les intervalles simples à partir de C. La colonne de droite montre leur renversement, c’est-à-dire l’intervalle obtenu en inversant l’ordre des deux notes.
Ce tableau permet de visualiser rapidement le lien entre un intervalle, sa distance en tons ou demi-tons, et son renversement correspondant.
Consonances des intervalles
On distingue trois types de consonances : les consonances parfaites, les consonances imparfaites et la consonance mixte.
- L’octave et la quinte juste (ainsi que leurs redoublements) sont considérées comme des consonances parfaites.
- La tierce (majeure ou mineure) et la sixte (majeure ou mineure), ainsi que leurs redoublements, sont des consonances imparfaites.
- La quarte juste est généralement considérée comme une consonance mixte, car elle peut être perçue comme consonante ou dissonante selon le contexte musical.
Ces intervalles sont donc qualifiés d’intervalles consonants. Les autres intervalles sont considérés comme dissonants, notamment la seconde et la septième, qu’elles soient majeures ou mineures.
L’intervalle de quarte augmentée ou de quinte diminuée (équivalent au triton) est un intervalle particulièrement instable, souvent utilisé pour créer une tension harmonique.
Le redoublement des intervalles
Nous avons étudié jusqu’à présent les noms, la composition, la qualification, le renversement et la consonance des intervalles. Dans tous les cas, il s’agissait d’intervalles simples, c’est-à-dire d’intervalles inférieurs ou égaux à l’octave. Pourtant, la distance entre deux notes peut naturellement dépasser l’octave.
Pour connaître le nom d’un intervalle supérieur à l’octave, il suffit de ramener l’une des deux notes à l’octave de l’autre afin d’identifier l’intervalle simple correspondant. On parle alors d’un intervalle redoublé à l’octave. Par exemple, un intervalle de septième majeure peut devenir une septième majeure redoublée à l’octave.
Les intervalles de seconde, tierce, quarte et quinte, lorsqu’ils sont redoublés à l’octave, portent également des noms spécifiques : ils deviennent respectivement des intervalles de neuvième, dixième, onzième et douzième.
Par exemple, l’intervalle de neuvième peut être majeur, mineur, augmenté ou diminué, exactement comme l’intervalle de seconde dont il est issu. La même logique s’applique à l’ensemble des intervalles redoublés.
Cette synthèse permet de revoir rapidement les principales notions liées aux intervalles. Elle constitue une base essentielle pour comprendre la formation des accords, des gammes et l’analyse harmonique.
Ce qu'il faut retenir ...
- Intervalle : distance entre deux notes
- Intervalle ascendant : la note d’arrivée est plus aiguë que celle de départ
- Intervalle descendant : la note d’arrivée est plus grave que celle de départ
- Intervalle harmonique : les deux notes sont jouées simultanément
- Intervalle mélodique : les deux notes sont jouées successivement
- Intervalle simple : intervalle inférieur ou égal à l’octave
- Intervalle redoublé : intervalle supérieur à l’octave (neuvième, dixième, onzième…)
- Intervalles justes : quarte juste, quinte juste, octave juste
- Intervalles majeurs ou mineurs : seconde, tierce, sixte, septième
- Triton : intervalle de trois tons, instable et dissonant
Voici quelques questions fréquentes pour vérifier votre compréhension des intervalles en musique et mémoriser plus facilement leurs caractéristiques principales.
Questions - Réponses sur les intervalles
Il s'agit d'un intervalle harmonique.
Il s'agit d'un intervalle égal ou inférieur à l'octave.
La quarte juste, la quinte juste et l’octave juste sont des intervalles justes.
La seconde, la tierce, la sixte et la septième peuvent être majeures ou mineures.
Ces deux intervalles sont des consonances parfaites.
Le triton est considéré comme un intervalle instable et fortement dissonant.
L'intervalle de quinte juste est composé de trois tons et d’un demi-ton.
On obtient un intervalle de quarte juste (Sol–Do).
Dans un intervalle ascendant, la note d'arrivée est plus aiguë que la note de départ.
On parle d’un intervalle mélodique lorsque deux notes sont jouées successivement, l’une après l’autre.
Il s'agit d'une septième diminuée.
Il s'agit d'une tierce majeure.
