Les instruments à percussion
Découvrez les différentes familles d’instruments à percussion, leur fonctionnement et leur rôle dans la musique.
Qu’est-ce qu’un instrument à percussion ?
Un instrument à percussion produit un son lorsqu’on le frappe, qu’on le secoue, qu’on l’entrechoque ou qu’on le racle. Le musicien peut jouer directement avec ses mains, mais aussi utiliser des baguettes, des mailloches, des balais ou d’autres accessoires. Une simple variation du geste suffit parfois à modifier complètement la sonorité obtenue.
Cette famille réunit des instruments très différents. Une timbale, un triangle, un xylophone, une paire de maracas et un djembé n’ont, à première vue, que peu de points communs. Pourtant, dans chaque cas, le son naît de la mise en vibration d’une peau, d’une lame, d’une plaque ou du corps même de l’instrument.
Les percussions peuvent être fabriquées en bois, en métal, en peau, en matière synthétique ou en combinant plusieurs de ces matériaux. Leur taille varie également beaucoup, depuis les petites claves que l’on tient dans une main jusqu’aux imposantes timbales de l’orchestre.
Elles sont naturellement associées au rythme, car elles permettent de marquer la pulsation et de souligner les temps. Ce n’est toutefois qu’une partie de leur rôle. Le xylophone, le vibraphone, le marimba ou les timbales produisent des notes précises et peuvent participer à une mélodie ou à une harmonie. D’autres percussions sont surtout recherchées pour leur couleur sonore, leur puissance ou l’atmosphère qu’elles créent.
Comment classer les instruments à percussion ?
Classer les instruments à percussion n’est pas toujours simple, tant cette famille est étendue. On peut les regrouper selon la manière de jouer, le matériau employé ou l’élément qui entre en vibration.
Les tambours, les timbales, les congas ou le djembé produisent leur son grâce à une peau tendue. À l’inverse, le triangle, les cymbales, le xylophone ou les castagnettes résonnent par eux-mêmes lorsqu’ils sont frappés ou entrechoqués. Cette distinction est utile pour comprendre leur fonctionnement, mais elle ne dit pas encore quel rôle ils peuvent tenir dans la musique.
Les premiers appartiennent à la famille des membranophones. Les seconds sont appelés idiophones, car c’est le corps même de l’instrument qui entre en vibration.
Une autre classification, plus facile à percevoir à l’écoute, consiste à observer la hauteur des sons. Certains instruments permettent de jouer des notes que l’on peut nommer et écrire sur une portée. D’autres produisent surtout des sons rythmiques dont la hauteur n’est pas définie avec la même précision.
On distingue donc généralement les percussions à hauteur déterminée des percussions à hauteur indéterminée. Cette séparation n’est pas parfaite dans tous les cas, mais elle permet de mieux comprendre pourquoi certaines percussions peuvent jouer une mélodie, alors que d’autres ont principalement pour fonction de ponctuer ou de soutenir le rythme.
Ces deux façons de classer les percussions ne s’opposent pas : elles se complètent. Un instrument peut, par exemple, être à la fois une percussion à membrane et une percussion à hauteur déterminée, comme la timbale.
Les percussions à membrane
Les percussions à membrane, également appelées membranophones, produisent un son grâce à la vibration d’une peau tendue sur un cadre ou sur une caisse de résonance. Cette membrane peut être frappée avec les mains, des baguettes ou des mailloches selon l’instrument.
Cette famille regroupe de nombreux instruments très différents, comme le tambour, la caisse claire, la grosse caisse, le djembé, les congas, les bongos ou encore les timbales. Certains servent principalement à marquer le rythme, tandis que d’autres peuvent également produire des sons de hauteur précise.
La forme de l’instrument, la tension de la peau, sa matière et la manière de la frapper influencent fortement le timbre obtenu. Une peau très tendue produit généralement un son plus aigu, tandis qu’une membrane plus large ou moins tendue donne un son plus grave et plus profond.
Les percussions à membrane sont présentes dans de nombreuses traditions musicales. Elles occupent une place importante dans les orchestres, les fanfares, les ensembles traditionnels et les musiques populaires.
Les percussions à hauteur déterminée
Les percussions à hauteur déterminée donnent des notes clairement identifiables. Elles peuvent être accordées, jouer une gamme et interpréter une véritable ligne mélodique. Leur partie est donc écrite sur une portée, comme celle d’un piano, d’une flûte ou d’un autre instrument mélodique.
Le xylophone, le vibraphone et le marimba sont constitués de lames disposées du grave vers l’aigu, tandis que le glockenspiel utilise des lamelles métalliques. Leur organisation rappelle celle du clavier d’un piano, avec une rangée principale correspondant aux touches blanches et une seconde rangée pour les notes altérées.
Le musicien frappe les lames avec des baguettes ou des mailloches dont la dureté influence le son. Une tête souple donne une attaque plus ronde, tandis qu’une baguette plus dure produit un son net et brillant. Certains percussionnistes utilisent deux mailloches, mais il est également possible d’en tenir quatre afin de jouer plusieurs notes en même temps.
Ces instruments ne possèdent pas tous la même couleur. Le xylophone produit un son assez court et incisif. Le marimba, dont les lames sont plus larges, offre une sonorité plus grave et plus chaleureuse. Le glockenspiel se reconnaît à son timbre métallique, très clair, alors que le vibraphone peut prolonger les notes grâce à sa pédale et produire un léger effet de vibration.
Les timbales appartiennent elles aussi aux percussions à hauteur déterminée, bien que leur fonctionnement soit très différent. La note dépend de la tension de la peau tendue au-dessus de leur cuve. Une pédale permet au timbalier de modifier cette tension et, par conséquent, de faire varier la hauteur du son.
Dans l’orchestre, les timbales renforcent souvent les notes graves et les moments importants de l’harmonie. Elles peuvent aussi produire des roulements, accompagner une montée en puissance ou créer une impression d’attente.
Pour approfondir cette famille, découvrez les différences entre le xylophone et le vibraphone, ainsi que leurs principales particularités.
Les percussions à hauteur indéterminée
Les percussions à hauteur indéterminée ne produisent pas une note de musique suffisamment précise pour être nommée comme un Do, un Fa ou un Sol. Elles sont donc principalement utilisées pour construire le rythme, marquer les appuis et souligner certains passages.
La caisse claire, par exemple, possède un son sec et facilement reconnaissable. Elle peut jouer des rythmes précis, des roulements ou des accents. La grosse caisse produit au contraire un son profond, capable de renforcer les temps forts ou de donner plus de poids à l’ensemble.
Les cymbales offrent encore d’autres possibilités. Elles peuvent être frappées avec une baguette, entrechoquées ou jouées en roulement avec des mailloches. Selon le geste employé, elles produisent un son bref et éclatant ou une vibration qui grandit progressivement.
Le triangle, le tambourin, les maracas, les claves et le güiro appartiennent également à cette catégorie. Chacun possède sa propre manière d’être joué : le triangle est frappé, les maracas sont secouées, les claves sont entrechoquées et le güiro est raclé à l’aide d’une baguette.
Parler de hauteur indéterminée ne signifie pas que ces instruments ne possèdent aucune hauteur. Une grosse caisse sonne évidemment plus grave qu’un triangle. Simplement, le son obtenu n’est généralement pas utilisé comme une note précise au sein d’une gamme ou d’une mélodie.
Les instruments à percussion dans l’orchestre
Dans un orchestre symphonique, les instruments à percussion sont généralement installés à l’arrière, derrière les cuivres. Cette position leur laisse suffisamment de place et permet à leur son de se diffuser dans l’ensemble de l’orchestre.
Le timbalier occupe souvent un poste particulier et reste principalement chargé des timbales. Les autres percussionnistes peuvent, quant à eux, jouer plusieurs instruments au cours de la même œuvre. Ils doivent parfois passer rapidement du triangle aux cymbales, puis rejoindre le xylophone, la caisse claire ou la grosse caisse.
Leur travail exige donc une grande organisation. Les instruments doivent être disposés à portée de main, les bonnes baguettes préparées à l’avance et chaque déplacement anticipé. Certaines interventions ne comportent que quelques notes, mais elles doivent arriver exactement au bon moment.
Les percussions ne jouent pas nécessairement en permanence. Leur silence peut durer plusieurs minutes avant une intervention soudaine qui transforme la sonorité de l’orchestre. Un coup de cymbales souligne un point culminant, une caisse claire peut évoquer une marche et un roulement de timbales installer une tension avant la reprise de tout l’ensemble.
Leur place a beaucoup évolué au cours de l’histoire. Dans l’orchestre classique, les timbales étaient souvent les seules percussions régulièrement utilisées. Les compositeurs ont ensuite introduit la grosse caisse, le triangle, les cymbales et de nombreux instruments venus d’autres traditions. Certaines œuvres modernes nécessitent plusieurs percussionnistes entourés d’un véritable atelier d’instruments.
Les percussions traditionnelles du monde
Les instruments à percussion occupent une place essentielle dans de nombreuses traditions musicales. Ils accompagnent les chants, les danses, les cérémonies, les fêtes ou les récits transmis d’une génération à l’autre. Leur rôle dépasse parfois largement le cadre du concert.
Le djembé, originaire d’Afrique de l’Ouest, est constitué d’une peau tendue sur un fût en bois. Il se joue avec les mains. En frappant le centre ou le bord de la peau de différentes manières, le musicien obtient des sons graves, ouverts ou plus claquants. Plusieurs djembés peuvent dialoguer autour d’un rythme commun.
Les congas sont de hauts tambours très présents dans les musiques afro-cubaines et latino-américaines. Les bongos, plus petits, sont formés de deux tambours de tailles différentes. Le musicien passe rapidement de l’un à l’autre pour faire varier la hauteur et construire ses phrases rythmiques.
Le cajón ressemble à une simple caisse en bois sur laquelle le musicien s’assoit. Il est frappé avec les mains sur sa face avant. Selon la zone choisie, le son peut rappeler une grosse caisse ou une caisse claire. D’origine péruvienne, il a ensuite pris une place importante dans le flamenco et se rencontre aujourd’hui dans de nombreuses formations acoustiques.
Des maracas aux couleurs vives.
En Inde, les tablas sont joués par paire. Chaque tambour possède une hauteur et un timbre particuliers, que le musicien fait varier grâce à une technique très précise des doigts et de la paume. En Espagne, les castagnettes accompagnent notamment certaines danses. Dans les musiques d’Amérique latine et des Caraïbes, les maracas, les claves et le güiro apportent chacun une couleur rythmique immédiatement reconnaissable.
Ces instruments ont beaucoup voyagé. Ils ne sont plus réservés à leur région d’origine et apparaissent aujourd’hui dans le jazz, la musique classique, la chanson, les musiques de films ou les créations contemporaines. Leur son conserve néanmoins une forte identité et peut suffire à évoquer tout un univers musical.
La batterie, un ensemble d’instruments à percussion
La batterie ne désigne pas un instrument unique, mais un ensemble de percussions organisé autour d’un même musicien. Elle comprend généralement une grosse caisse, une caisse claire, plusieurs toms, un charleston et différentes cymbales.
Le batteur joue avec ses mains et ses pieds. Les baguettes frappent la caisse claire, les toms et les cymbales, tandis que des pédales permettent d’actionner la grosse caisse et le charleston. Cette coordination peut sembler naturelle lorsqu’on écoute un batteur expérimenté, mais elle demande un long apprentissage : chaque membre doit parfois jouer un rythme différent tout en restant parfaitement synchronisé avec les autres.
La composition de la batterie varie selon le style musical et les préférences du musicien. Une petite configuration peut suffire pour accompagner un groupe de jazz, alors qu’une batterie de rock ou de métal peut comporter de nombreux toms, plusieurs grosses caisses et une grande quantité de cymbales.
Le batteur ne se contente pas de marquer les temps. Il accompagne les changements du morceau, prépare les transitions et dialogue avec les autres instruments. Il peut jouer de manière très discrète derrière un chanteur ou prendre le devant de la scène lors d’un passage plus énergique ou d’un solo.
Retrouvez une présentation détaillée de la batterie, de ses différents éléments, de son fonctionnement et de son apprentissage.
Quel est le rôle des percussions dans la musique ?
Les percussions fournissent souvent les repères sur lesquels la musique vient s’appuyer. Elles installent la pulsation, mettent en valeur certains temps et rendent le rythme plus facile à percevoir. Dans un groupe, elles contribuent également à maintenir les musiciens ensemble.
Leur présence peut modifier l’énergie d’un morceau. Une grosse caisse régulière donne une sensation de stabilité, tandis qu’un rythme plus syncopé crée davantage de mouvement. Quelques coups de caisse claire peuvent relancer une phrase, et une cymbale annoncer l’arrivée d’une nouvelle partie.
Les percussions jouent aussi avec les nuances et les couleurs. Un triangle joué doucement apporte une touche légère et brillante. Des cymbales frappées avec force créent un effet éclatant. Un roulement de timbales qui augmente progressivement peut faire naître une tension, même avant que les autres instruments ne changent de note.
Le silence compte tout autant. Une percussion qui s’arrête soudainement peut créer un vide et attirer l’attention sur une voix ou une mélodie. Lorsqu’elle revient, son effet paraît alors beaucoup plus fort.
Enfin, les percussions à hauteur déterminée peuvent jouer un rôle pleinement mélodique. Le xylophone, le vibraphone et le marimba interprètent des thèmes, des accompagnements et parfois des solos. Les timbales peuvent soutenir l’harmonie en renforçant certaines notes graves.
Selon les styles et les œuvres, les percussions peuvent donc accompagner discrètement, organiser le rythme, enrichir l’orchestration ou devenir l’élément principal de la musique.
Questions fréquentes sur les instruments à percussion
Qu’est-ce qu’un instrument à percussion ?
Un instrument à percussion produit un son lorsqu’il est frappé, secoué, entrechoqué ou raclé. Il peut être joué avec les mains, des baguettes, des mailloches ou différents accessoires.
Quelles sont les principales familles d’instruments à percussion ?
Les percussions peuvent être classées selon l’élément qui entre en vibration ou selon la hauteur du son. On distingue notamment les membranophones, les idiophones, les percussions à hauteur déterminée et les percussions à hauteur indéterminée.
Quelle est la différence entre une percussion à hauteur déterminée et une percussion à hauteur indéterminée ?
Une percussion à hauteur déterminée produit des notes clairement identifiables, comme le xylophone, le vibraphone ou les timbales. Une percussion à hauteur indéterminée produit surtout un son rythmique dont la hauteur n’est pas utilisée comme une note précise.
Qu’est-ce qu’une percussion à membrane ?
Une percussion à membrane, également appelée membranophone, produit un son grâce à la vibration d’une peau tendue. Le tambour, la caisse claire, le djembé, les congas et les timbales appartiennent à cette famille.
Où sont placées les percussions dans un orchestre symphonique ?
Les percussions sont généralement installées au fond de l’orchestre, derrière les cuivres. Cette disposition leur laisse suffisamment de place et permet à leur son de se diffuser dans l’ensemble de l’orchestre.
La batterie est-elle un instrument à percussion ?
La batterie est un ensemble d’instruments à percussion réunissant notamment une grosse caisse, une caisse claire, des toms, un charleston et plusieurs cymbales. Le batteur les joue avec ses mains et ses pieds.
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